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Mi-mandat : Patrice Verchère fait le bilan

Patrice VerchèreDéveloppement économique, accroissement de la population mais aussi relation avec les communes, grands projets d’avenir et mobilité : le Président de la COR Patrice Verchère revient sur trois années de mandat et se projette, surtout, sur un avenir ambitieux pour l’Ouest rhodanien.

Il y a un peu plus de trois ans, vous preniez la présidence de la COR avec de nombreux dossiers à gérer : qu’est-ce qui vous a le plus marqué ?

 

D’abord, la nécessité de restructurer la COR, fruit de trois intercommunalités. Il fallait passer un cap dans l’organisation, afin que l’on soit le plus efficace possible pour nos usagers. Une bonne organisation, c’est aussi un bon suivi des dossiers, des équipes efficientes sur les domaines dont nous avons la charge. Il fallait également, et encore aujourd’hui, être vigilant sur les finances. À notre arrivée, nous étions inquiets quant à la dette, due notamment au litige avec le SYTRAL qui portait sur plus de 20 millions d’euros, et je suis satisfait que nous ayons pu trouver une solution qui a préservé nos finances… On oublie très vite mais je suis satisfait d’avoir pu, en un peu plus d’un an, régler ce problème. Cela s’est peu su mais nous étions régulièrement mis en demeure de payer. C’était un vrai objectif. Il est vrai que la première année, j’ai passé beaucoup de temps sur un certain nombre de sujets qui n’étaient pas si évidents à régler. Je suis satisfait d’avoir pu les résoudre car ce sont des sujets où la solution était loin d’être trouvée. Cela prouve une chose : lorsque l’on arrive à mettre tout le monde autour de la table et que tout le monde devient raisonnable, on peut arriver à trouver des solutions et un bon compromis, qui satisfasse l’ensemble des parties.

 

Ce qui m’a beaucoup marqué également, ce sont toutes les compétences que la COR effectue pour le compte des communes. Ce sont des compétences essentielles, qui sont souvent méconnues, par exemple tout ce que nous faisons sur le cycle de l’eau, mais qui représentent une part importante du budget de la COR.


La COR a aussi beaucoup investi, et même si tout le monde pense que nous avons d’importants moyens, ces investissements pèseront encore quelques années et sont à mettre en face de la diminution des dotations de l’État, de la hausse des coûts de l’énergie, de l’inflation…

 

Ce qui m’a marqué enfin, ce sont les difficultés que l’on peut rencontrer dans les mises en application règlementaires. Sur la gestion des déchets par exemple, on se rend compte qu’il y a un certain nombre de mécontentement mais on constate que c’est le cas un petit peu partout. Il y a peu d’endroits où les gens sont pleinement satisfaits, il n’y a pas vraiment de système idéal.

 

En ce qui nous concerne, notre système est en train d’être revu, notamment dans nos déchèteries. Mais c’est un domaine où l’instabilité règlementaire nous inquiète. Les règlementations évoluent en effet sans cesse et il est difficile de s’adapter à ces contraintes supplémentaires.

Aujourd’hui, c’est une autre phase qui arrive.

 

 

 

 

 

 

Quelles relations entretient la COR avec les autres acteurs institutionnels ?

 

Nous avons de bonnes relations avec l’État, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le Département du Rhône… Ce dernier notamment aide beaucoup la COR, en termes d’accompagnement, de subventions et on ne peut que l’en remercier … Ce qui est remarquable c’est que la COR, par son dynamisme, est souvent au-devant des appels à manifestation d’intérêt. Nous sommes vraiment dans la recherche de financements, de nouvelles opportunités pour la COR : c’est ce qui fait notre richesse et ce qu’il faut maintenir. Je demande d’ailleurs régulièrement à nos équipes d’être parmi les plus proactives des intercommunalités du département et de la région. Ça vient sans doute du fait de notre éloignement à Lyon, des difficultés passées, qui ont fait que nous nous sommes toujours démenés, un peu plus que d’autres, car on ne nous a « rien donné ». Nous avons eu à subir la crise économique sur notre secteur, la baisse de la population…

 

Aujourd’hui, c’est une autre phase qui arrive. Pour revenir sur le sujet du soutien de l’Etat, j’ai tout de même été frappé par la diminution des dotations de l’Etat, le fait que petit à petit, nous sommes moins autonomes fiscalement, donc avons moins de possibilités d’activer ce levier.

Quand une relation de confiance existe, on peut faire déplacer des montagnes.

Comment collaborez-vous avec les communes et avec vos homologues maires des 31 communes ?

 

C’est assez plaisant et c’est aussi ce que je retiens de ces trois années : nous travaillons en très forte collaboration avec l’ensemble des élus. Je touche du bois mais pour l’instant, toutes nos réunions, que ce soit bureau, conférence des maires, conseils communautaires, se passent très bien.

 

Parce qu’il y a de la discussion en amont, parce qu’il y a une volonté de ma part d’expliquer les choix que l’on doit faire… On l’a vu avec la mise en place de la GEMAPI, avec la réaugmentation TEOM après sa diminution… Je suis très satisfait d’avoir en face de moi des élus avec qui nous ne sommes pas toujours d’accord, mais nous avons tous la même volonté : celle de faire réussir notre territoire… Et je parle bien de NOTRE territoire alors même qu’on a chacun notre territoire, avec celui de Lamure-sur-Azergues, celui Amplepuis-Thizy et celui de Tarare.

 

Président d’une intercommunalité, on est en quelque sorte le représentant des maires qui vous ont élu indirectement. Dès le départ, j’ai souhaité travailler en commun, parce que c’est mon tempérament aussi de trouver des compromis et, si possible, d’assurer l’unanimité sur une décision qu’on va prendre.

 

Il faut toujours travailler avec les communes, que ce soit sur des projets individuels ou des projets portés par la COR. Pour les projets d’envergure territoriale à l’échelle de la COR, il faut aussi faire en sorte, à défaut de l’unanimité, qu’il y ait au moins une très large majorité. Mais jusqu’à présent, je note que les décisions sont très souvent adoptées à l’unanimité.

 

C’est une grande satisfaction pour moi mais c’est beaucoup de temps passé auprès des maires, à leur répondre. Je crois que c’est essentiel, car on ne peut pas réussir un territoire comme le nôtre, aussi vaste, le plus vaste du Département, sans un travail commun avec les maires et une confiance. Si on arrive à faire voter quasiment tout à l’unanimité, c’est qu’il peut y avoir des désaccords mais on arrive à un compromis car il y a de la confiance. Quand une relation de confiance existe, on peut faire déplacer des montagnes.

 

L’un de vos premiers chantiers a également été de reprendre le Projet de territoire, afin de tracer une vision politique : en quoi était-ce important à vos yeux ?

 

C’est d’abord important de dire que l’on ne partait pas d’une feuille blanche. Je peux être critique sur certaines choses mais il faut aussi savoir reconnaitre le positif. Mais il fallait le réécrire à l’aune de plusieurs évènements : le COVID évidemment, qui nous a tous amené à interroger notre vision des choses ; l’arrivée de l’A89 également, grâce à laquelle la région de Tarare est en pleine expansion, économique et démographique, et ce n’est que le début. Il va falloir accompagner ce mouvement, ne pas faire n’importe quoi… Le progrès oui, faire en sorte que la région de Tarare reprenne de l’activité et une augmentation démographique, oui, mais soyons prudents à ne pas déséquilibrer le territoire et à pouvoir accueillir dans de bonnes conditions toutes les personnes qui veulent venir chez nous. Le défi que l’on doit relever, c’est de trouver l’équilibre entre la vallée de la Turdine et celles de l’Azergues, de la Trambouze et du Rhins. Mais je reste persuadé que ces secteurs les plus éloignés bénéficieront, au même titre que Tarare en bénéficie aujourd’hui, de l’attractivité de l’autoroute, des prix de l’immobilier et de la politique menée sur la métropole de Lyon qui va faire que des personnes vont revenir chez nous, y habiter, y vivre. Et l’enjeu, c’est que les gens ne viennent pas uniquement vivre sur notre territoire mais y travaillent, y consomment…

 

C’est un vrai enjeu, qui n’est pas facile. Les gens ne se rendent pas compte, mais la loi Climat et résilience, qui n’était pas en vigueur au moment du premier Projet de territoire, et la zéro artificialisation nette (ZAN), entrainent de nombreux changements. Nos concitoyens n’ont pas conscience de ce que cela va engendrer dans leur vie personnelle.


Le Projet de territoire prend en compte tout cela, mais aussi la transition énergétique, qui est notre fil rouge, la politique liée au logement, directement connectée à la transition énergétique… Nous sommes un territoire qui va vraiment se transformer ces prochaines années, c’est certain. La COR peut accompagner ces changements, en partenariat avec les communes. On ne construit pas de Projet de territoire sans partage de vision des élus et il a été voté à l’unanimité, donc on peut considérer que c’est une vision partagée.

 

De nombreux projets vont voir le jour dans les prochains mois… Lesquels vous tiennent particulièrement à coeur ?

 

C’est en ce moment que sort le fruit du travail des mois précédents. Au niveau économique, la zone de Tarare ouest, même si le projet était déjà très avancé avant notre arrivée, va être terminée. Celle d’Actival 2, où l’on était auparavant en situation de blocage, va sortir également : ce sont huit hectares qui vont aller en direction de l’économie et des entrepreneurs locaux qui attendent depuis plusieurs années, c’est donc une vraie satisfaction. Et il y a encore d’autres projets à Amplepuis, Cours, Thizy-les-Bourgs et Chambost-Allières.

 

Nous allons également débuter les travaux de rénovation de l’Écomusée du Haut-Beaujolais, avec un enjeu historique, culturel et touristique. La rénovation de l’abattoir et l’extension de l’atelier de découpe, à Saint-Romain-de-Popey, va aussi être un atout indéniable pour nos agriculteurs et participera à notre projet alimentaire de territoire, mais pas uniquement : nous allons travailler de concert avec le Département et la Métropole. Nous sommes sans doute l’une des seules intercommunalités à avoir un partenariat avec ces deux collectivités.

 

Il y a enfin le site JB Martin, où la COR va investir pour installer son nouveau siège et entrer pleinement dans le 21ème siècle. Nous participons ainsi à la sobriété foncière, sujet sur lequel la COR fait figure de bon élève et a été retenue comme territoire pilote par l’État. C’est un beau bâtiment, dont la réhabilitation revalorisera également l’entrée de ville de Tarare. Si la COR veut être efficace, veut fidéliser ses agents, il faut aussi qu’ils puissent travailler dans de bonnes conditions

 

Comment envisagez-vous la deuxième partie de ce mandat pour l’avenir de l’Ouest rhodanien ?

 

En dehors du suivi des projets d’envergure, nous allons avoir un vrai combat à mener sur l’économie, pour répondre aux besoins de nos entreprises locales, suite aux prescriptions du ZAN. Cela passe par la réhabilitation de friches : nous l’avons déjà beaucoup fait, et nous continuerons de le faire. Il y a également la question du transport : nous accueillons de nouvelles populations et il faut aussi avoir l’offre de mobilité en face, en sachant que la voiture reste indispensable dans notre secteur. Il y a enfin toute la partie concernant la rénovation des logements : la COR est un peu victime de son succès mais cela participe à notre Projet de territoire et à son fil rouge, la transition écologique et énergétique, tout en aidant au pouvoir d’achat de nos habitants.

Il faut que nous soyons autonomes au niveau alimentaire

Vous portez en direct la délégation de l’agriculture, signe de l’importance que vous accordez à ce sujet ?

 

En effet ! Il y a le projet de l’abattoir, mais aussi le projet de la ferme à Saint-Romain-de-Popey, où la COR a la volonté de maintenir une agriculture sur ce secteur. Avec la forte affluence de nouveaux arrivants, qui ont parfois davantage de moyens, le risque est que certains agriculteurs qui partent à la retraite vendent au plus offrant, et que leur corps de ferme et leur terrain ne soient plus pour l’agriculture mais pour le loisir. Et cela pose un problème. Il faut que nous soyons autonomes au niveau alimentaire, et le rôle des collectivités est aussi d’accompagner cette transition, ce que nous faisons en partenariat avec la chambre d’agriculture. Bien que la COR soit un secteur industriel, l’agriculture reste bien présente et les activités diversifiées : viticulture, arboriculture, maraichage, élevage…

 

Nous avons une belle agriculture sur la COR, une agriculture pas si évidente en zone de montagne. La COR accompagne le mieux possible nos agriculteurs. Par exemple, sur l’investissement auprès des Cuma* et dans le cadre de la transition écologique, nous avons apporté un soutien à l’achat d’un tracteur de montagne. Il leur permet d’éviter les intrants dans les secteurs plus cultivés, en permettant de broyer.
Nous sommes une région industrielle et nous souhaitons maintenir cette identité industrielle, mais l’objectif de la COR est aussi de respecter son identité rurale, on en est fier, ce sont nos racines et les racines, il faut les alimenter et les aider si on veut qu’elles continuent à croitre !

 

*Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole